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Théophilus Plombedouille

 
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Assahab


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MessagePosté le: Ven 17 Aoû - 13:41 (2007)    Sujet du message: Théophilus Plombedouille Répondre en citant

Prologue : L'Arrivée

« Encore, Encore, EN-CO-RE !! Bon sang, c'est bien trop peu !! TROP PEU !! Là...Voilà... Voiiiiiilà... Une dernière goutte...un dernier soupçon...une larme...un souffle...la moitié d'un souffle... Non ! Non ! Arrête d'agiter tes grosses mains comme cela ! NON !! C'est trop !! Trop !! C'est beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP trop !! Rah, mais ça ne va jamais voler... Qui t'a donc appris à doser le buzeïméthane ? Doser, doser, doser...Est-ce donc si compliqué, par Pyromarteau Grandefonte! Non ! Bien sûr que non ! C'est facile, c'est immédiat, c'est enfantin ! Les gnomes naissent dans le buzeïméthane, les gnomes SENTENT le buzeïméthane ! Et toi, et toi... Ou es-tu né, toi ? OU ? Quoi ? Par Eugénio Plexiglace ! Tu es un nain ? Vraiment ?? Quelle horreur ! Haha ! Tu es minuscule pour un nain ! Et maigre, malingre même, une vraie jeune fille! On dirait une dame gnome ridicule du Quatrième Secteur et... Où vas-tu ? Tu ne comptes pas t'en aller tout de même ? Réponds ! REPONDS !! Reviens, comment veux-tu que je finiss... »

Le blizzard engloutit les dernières paroles de Théophilus Plombedouille, alors qu'il clignait péniblement des yeux, cherchant la silhouette bonhomme de l'auxiliaire nain au travers des flocons gigantesques que le ciel assénait sur lui. Il crut voir son bras se lever dans un dernier geste obscène avant de disparaître définitivement, happé par la marée blanche qui montait sur le plateau. Un petit couinement le fit tourner sur lui-même. A quelques pas de lui, à demi enterré sous la neige, se tenait un petit lapin, aux yeux minuscules noyés sous une épaisse fourrure argentée, qui trônait comme une flaque sale au milieu d'un océan immaculé.

« Et bien, Magnifico, je comprends mieux chaque jour pourquoi je me suis éloigné des villes... Stupides, tellement stupides ! Les gens ne valent rien ! Pas la moitié d'une de tes pattes ! Regarde mon stratoporteur à protopropulsion ! Ce fichu nain m'a ruiné le mélange pyrocombustif qui devait l'alimenter. Oh, ne remue pas des oreilles comme ça, d'un air si triste ! Il y a une petite chance que cela fonctionne encore, et je suis prêt à tenter le coup ! Par Karl Chambrécrou Viens, Viens ! »

Placidement, Magnifico se dirigea à petits bonds vers la plate-forme d'embarcation de la curieuse machinerie sphérique qui trônait au milieu de l'immensité blanche, en gravit les quelques marches d'acier et s'installa le plus naturellement du monde sur un petit siège solidement boulonné à l'engin. Théophilus emboîta la patte du rongeur, et s'installa enfin sur un trône devant lequel pendait un large plateau de bronze.

« Et maintenant regarde, regarde, Magnifico ! L'ingénierie et la magie ! Le tout dans un seul engin ! Les arcanistes me pendraient ! ...Les ingénieurs également ! Mais c'est une invention géniale! »

Le gnome tendit sa main sous le plateau, la paume ouverte. Comme sortie du néant, une petite flamme apparut au-dessus de sa paume craquelée et lécha la surface lisse du métal. La sphère entière trembla, et le ronronnement léger et régulier d'un moteur se fit entendre, arrachant à Théophilus un sourire satisfait. La flamme se fit plus vive et bientôt, l'engin se souleva aussi facilement qu'une plume emportée par le vent.

***


Quelques heures plus tard...

« Par Exhibiti Crassenoire ! Fichu mélange ! Ne vous fiez jamais à un Nain, JAMAIS ! Surtout s'il ressemble à un gnome ! Tu entends ce doux pétaradement, Magnifico ? C'est la preuve magnifique qu'il y avait beaucoup TROP de buzeïméthane dans le liquide propulseur ! Et sais-tu ce que cela implique ? Oui, bien sûr que tu le sais ! Mais non, nous n'allons pas mourir ! Voilà bien une réflexion d'humain ! Tout est sous contrôle ! Tiens, ôte voir ces oreilles de devant tes yeux, et regarde, un cours d'eau, là, juste entre les branchages ! L'occasion idéale d'effectuer un affleuvissage ! Mais oui, mon stratoporteur flotte ! J'ai pensé à tout, naturellement ! Ton air sévère n'y changera rien, foi de Plombedouille ! En avant ! »


***



« Bonjour Messeigneurs ! Quel temps radieux aujourd'hui, n'est-il pas ? L'occasion idéale de prendre quelques couleurs, Ha Ha! Je suis Théophilus Plombedouille, ingénieur de renom du Troisième Secteur de Gnomeregan ! Il s'agit là d'un malheureux, malheureux accident... »

La lame émoussée d'une épée sans valeur s'arrêta à un doigt du cou de Théophilus. Il était cerné par quatre gardes humains en armure. Une escouade entière d'ouvriers - humains, eux aussi - s'affairait derrière ce petit groupe à dégager les décombres métalliques qui obstruaient une embouchure d'écoulement et faisait monter dangereusement le niveau de la rivière.

L'un des gardes se fendit d'un ricanement mauvais.

« Où sont donc vos vêtements, petit gnome ? »
- Mes vêtements ? Où pourraient-ils être ? Hmm ?? Après une chute vertigineuse dans une eau glacée ? Mhh ? Ils sont ? ...Oui ?
La voix de Théophilus était teintée d'ironie cruelle.
- Ils sèchent , tenta un garde.


Théophilus battit des mains.

« Oui ! Bravo! Bravissimo ! Magnifico, aurais-je pu dire, mais Magnifico est bien plus intelligent que vous ».

Pénétré de fierté, le lapin s'était redressé sur ses pattes arrières, et agitait triomphalement les oreilles. L'humour perçant du gnome n'eut pas grand succès, malheureusement pour lui.

« Messire Plombedouille, votre engin a entièrement bouché l'écoulement des égouts d'Hurlevent. A présent les immondices s'entassent à sa porte, les canaux débordent, et pour un peu l'air de la cité serait devenu pestilentiel ! Cela ressemble, à ce que j'en vois, à une opération délibérée de sabotage, et vous êtes en état d'arrestation ! »

- Hurlevent ? Nous sommes à Hurlevent ?? Tu entends Magnifico !! Hourra !! Avec un bon dosage, nous aurions atteint Strangleronce !! Tu es un génie de lapin ! Attends, attendez ? En état d'arrestation ? C'est une plaisanterie ?

- Parfaitement, répondit un autre garde, un sourire narquois aux lèvres. Vous aurez tout le temps d'en rire une fois arrivé en prison.

- M..Mais, vous n'enfermeriez pas un lapin ? Par Herbert Tranchenclume ! Vous ne me sépareriez pas de mon plus fidèle compagnon ?

- Pour le gnome, le gibet ! Pour le lapin, le civet !



Les quatre humains éclatèrent d'un rire gras et sans retenue, exposant leurs dents blanches encore garnies par quelques vestiges d'un ancien repas. L'arrivée de ce qui semblait être un Capitaine les fit soudain réintégrer leur stricte posture militaire. L'homme, d'imposante stature, déployait une barbe noire qui encadrait deux yeux sévères.

« Et bien, qu'en est-il ? Il devrait être en prison, et vous voilà à rire avec lui ? Les corvées seront pour vous, demain ! Alors, petit être, on cherche à s'attaquer à l'autorité royale ? Les temps sont difficiles, et les traîtres pendent au bout d'une corde.

Théophilus déglutit bruyamment. Tous stupides qu'étaient les humains, ils étaient nombreux, brutaux, et risquaient fort de s'en tenir précisément à leurs menaces. La voix du gnome se fit douce et implorante. S'abaisser à la flatterie lui semblait ignoble, mais après tout, il s'agissait de sauver Magnifico.

« Mes plus respectueuses et plates salutations, ô noble Capitaine de nos très estimés alliés d'Hurlevent. Comme je l'expliquais à l'Elite du Royaume, que dis-je, des Deux-Terres entières, qui se tient pour ma plus grande chance autour de moi, il s'agit là uniquement d'un malheureux accident. Voyez-vous, c'est une erreur de dosage de Buzeïméthane qui a augmenté la viscosité du liqu...
- Je n'entends rien à vos palabres ! Mais il est vrai qu'un gnome terroriste ne se promènerait pas entièrement n... Rhabillez-vous, d'ailleurs, sur-le-champ ! Peu importe que vos vêtements soient trempés ! Vous ne souhaitez pas aller en prison, je suppose ?

- Par Carighan Officedespeaux ! Non, bien sûr que non ! Ma pauvre mère, La Très Sainte Lumière ait pitié de son âme, qui ravit au cristal la première place en matière de pureté... Ma mère disais-je, son coeur fragile ne résisterait pas à la souillure qui entacherait la réputation de son brillant fils! Et comment me résoudre à abandonner Magnifico, ce lapin, que dis-je, la crème des lapins, Le plus beau lapin lynx qu'Azeroth ait jamais connu, celui-là même qu'on appelle l'Empereur du Breuil d'Armande Eclatdobus ! La solitude le tuerait, le tu...



Un mouvement d'humeur du Capitaine le fit taire. Ces gnomes étaient décidément trop bavards, mais celui-là ne semblait pas de mauvaise foi, même s'il était assurément à demi-fou.

« Bien, si vous faites preuve de bonne volonté, peut-être pourrez-vous éviter la prison !
- Je suis l'IN-CAR-NA-TION de la Bonne Volonté !, hurla Théophilus
- En ce cas, de grâce, taisez-vous !
- ...
- Bien, voilà qui est mieux. Vous vous trouvez actuellement à Comté-Du-Nord, à l'est d'Hurlevent. La région est en proie à de nombreux problèmes, et la garde est débordée. Le haut bâtiment que vous apercevez est l'Abbaye de Comté-Du-Nord. Nous y avons établi notre quartier général, avec l'accord des moines. Vous trouverez devant ses portes l'Adjoint Willem. Rendez-vous disponible pour toute tâche qu'il vous assignera. Si j'entends la moindre rumeur faisant état de nouvelles frasques, vous finirez dans une geôle et votre lapin dans un bouillon de carottes. Suis-je suffisamment clair? Ne croyez pas pouvoir vous échapper, je vous ai à l'oeil, et l'on vous fera suivre!



Théophilus hocha la tête avec empressement, et attendit que le Capitaine s'en allât, accompagné des gardes qui semblaient visiblement déçus que l'affaire en reste là. Son sourire fondit en un rictus irrité dès qu'ils eurent disparus.

« Aider des humains...Autant garder des enfants dans un champ de mines. Enfin, prenons cela comme une occasion de sortir enfin de notre atelier ! Le malheur s'acharne, Magnifico, mais foi de Plombedouille, tous deux que nous sommes, il ne nous abattra pas.Montrons à ces êtres faibles et stupides de quoi est capable un gnome! »

Théophilus enfila rapidement sa robe de mage encore trempée qui reposait sur un buisson, puis s'en alla en dandinant à la rencontre des flèches élancées de l'Abbaye, à la recherche de cet Adjoint qu'il maudissait déjà.

[HRP] Eh bien voilà, devant le côté indéniablement attachant et attirant de ce projet, j'ai cédé à la tentation, et voici donc un petit personnage qui vous suivra, tant bien que mal, même si sa présence sera vraisemblablement sporadique au vu du travail qui m'attend du côté des Quatre Familles! [/HRP]
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MessagePosté le: Ven 17 Aoû - 13:41 (2007)    Sujet du message: Publicité

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Assahab


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Inscrit le: 16 Avr 2007
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MessagePosté le: Lun 20 Aoû - 11:49 (2007)    Sujet du message: Théophilus Plombedouille Répondre en citant

Chapitre 1. Comment l'ingéniosité de Théophilus Plombedouille anéantit une armée démoniaque de Kobolds venue détruire l'abbaye ! (Niveau 2-3)


« Tiens, Magnifico, ce doit être lui, l'Adjoint Willem, là, devant les portes de l'Abbaye. Regarde-moi donc comme il aboie vers tous ces malheureux passants. M'est d'avis d'ailleurs que la moitié de tous ces voyageurs ridicules ne sait même pas ce qu'elle fait là. L'autre moitiédoivent être des pèlerins en visite à l'Abbaye, ou d'autres ingénieurs émérites qui ont atterri dans cette fichue forêt. Par Balthazar Tranchetourte ! Voilà qu'il en martyrise un autre ! Une femme, en plus ! Quelle honte ! L'ennui, avec les humains, c'est qu'il suffit qu'on les pare d'un titre, aussi ridicule soit-il, pour qu'ils s'imaginent immédiatement qu'ils sont des êtres exceptionnels ! Un Adjoint exceptionnel ! Entends-tu cela, Magnifico ? Ha ! Bon, allons-y, rendons-lui service, et filons. »

Théophilus s'avança d'un pas résolu vers l'Adjoint, jusqu'à se trouver entièrement dans son ombre. Le soldat, qui l'avait vu arriver d'un pas nonchalant, peinait maintenant à contenir un sourire devant cette chose aussi petite, à la robe souillée et humide, suivie par un lapin argenté qui devait bien faire la moitié de sa taille. Lorsqu'il éleva la voix cependant, son ton était tout militaire !

« Voilà enfin le saboteur ! Il était temps, on allait t'arrêter ! Bien, commençons sans tarder ! Considère-toi comme jeune recrue de la garde, et retrousse tes manches, la situation n'est pas reluisante. Les patrouilles d'Hurlevent sont débordées, les Deux-Terres sont au bord du chaos, et la guerre fait rage en Outreterre. Autant dire qu'il ne reste plus grand monde pour protéger les coteaux de Comté-Du-Nord ! Et nous voilà réduit à demander service à des canailles dans ton genre. »

Théophilus allait protester, mais l'Adjoint pencha sa haute carcasse au-dessus de lui jusqu'à lui cacher entièrement le ciel. Le gnome décréta en lui-même que la sagesse commandait le silence.

« Par ici, la graine du trouble germe plus vite encore que nos vignes, reprit Willem, d'une voix qui roulait au fond de sa gorge. Assez parlé, prends cet insigne, qui indiquera aux yeux du monde que tu travailles pour la Garde. Rends-toi dans l'Abbaye, et offre tes services au Maréchal Mc Bride. Prépare-toi à rencontrer le danger. »

Le gnome hocha la tête, sans dire un mot. Les mauvaises manières n'étaient visiblement pas l'apanage des nains, et il maudissait amèrement la Fortune qui l'avait fait s'écraser là. Il se dirigea à contrecoeur vers l'Abbaye. Magnifico suivait à distance respectable, les oreilles timidement redressées, attendant l'explosion de colère de son maître qui n'allait pas tarder. Pour l'instant, Théophilus maugréait.

« Par Hector Grisentrailles ! Me voilà réduit à suivre des ordres stupides ! Pas assez de gardes, pas assez de gardes... Si les humains étaient assez intelligents pour produire quelques Méca-Sentinelles, les champs et les vaches seraient bien gardées. Un champ de force arcanique, ça ne doit pas être bien difficile à maintenir, non plus. Ils y sont bien arrivés pour une cité entière. Mais non, on fait perdre le temps du plus illustre Arquingénieur de Gnomeregan, pour une malheureuse avarie »

La tête du gnome vint heurter une jambière de plaque, et il releva les yeux avec surprise. Il se rendit compte qu'il avait déjà pénétré dans l'Abbaye. Devant lui, un humain, d'un rang proportionnel à sa colère hurlante qu'il déversa sans attendre.

« Eh bien, quelles façons ! Ne savez-vous pas vous tenir, et saluer comme il se doit ? Aspirant Plombedouille, on m'a déjà rendu compte de vos états de services, et il ne sont pas brillants ! Reculez-vous, Reculez-vous ! Et fichez-moi ce lapin à la porte ! C'est un lieu de culte ! Garde-à-vous ! »

Théophilus se raidit légèrement, et tenta un « A vos Ordres Maréchal » qui contrastait fortement avec l'envie irrésistible qu'il avait de chauffer l'armure du gradé d'un coup de feu magique. Mc Bride s'en satisfit, mais sa voix continua à faire résonner les murs épais de l'Eglise.

« Voilà qui est mieux, aspirant Plombedouille ! Bien, a priori, et vu votre faible constitution, vous êtes bon pour les corvées, et si je n'avais pas reçu des consignes précises, vous seriez déjà le nez dans les latrines ! Seulement, seulement, on m'a recommandé de ne pas vous soustraire au danger, aussi, voici une mission capitale ! Il y a peu, au nord d'ici, des Kobolds se sont installés, et représentent un danger potentiel ! Je veux un rapport sur les activités de cette vermine, et vous voir en occire une bonne dizaine ! EXECUTION ! »

- C'est déjà fait, mon Maréchal !



***




Depuis plus d'une heure, Théophilus était adossé contre l'écorce rude d'un arbre, la tête détournée pour observer le curieux manège qui tourbillonnait devant lui. Il croyait les Kobolds plus stupides encore que les humains, et pourtant, ils s'avéraient capables de déployer une organisation sociale, et même d'allumer un feu. La plupart étaient rassemblés autour de campements rudimentaires, et somnolaient ou mangeaient. Certains confectionnaient de petits outils, sortes de pioches mal ajustées qui leur servaient également d'armes. Bien vite, l'intelligence fulgurante de Théophilus avait déduit que l'équipement désuet de ces rats redressés sur deux pattes était suffisant pour l'estropier, et il réfléchissait depuis pour trouver un moyen infaillible d'annihiler cette menace sans danger. Un hurlement le fit tressauter.

« Pour la Lumière ! Pour Uther ! Mourrez, vermine infâme !! Putréfaction trépidante! »

Un homme de forte stature passa devant lui à toute vitesse et fondit droit sur l'un des Kobolds qui semblait monter la garde. D'un coup, d'un seul, sa masse imposante fendit le crâne de la bête, qui s'ouvrit comme une fleur.

« Misérables ! Goûtez la vengeance Divine!»

Théophilus jeta un coup d'oeil amusé à Magnifico, puis sortit subitement de sa retraite, hélant le paladin de la voix la plus éplorée et la plus forte qu'il sut trouver. Une idée lui était venue, subitement.

« Monseigneur, Monseigneur, par la grâce de la Lumière, par la pitié qu'inspirent les faibles devant la cruauté du Mal, au nom du Roi, venez-moi en aide, s'il vous plait ! »

D'un pas rapide et alerte, l'homme s'était avancé vers le gnome, et il se retrouva agenouillé devant lui, d'un seul mouvement.

« Je suis Paladin, Messire, Chevalier de l'Ordre de la Sainte Lumière ! Quelle que soit la nature du mal qui vous ronge, je saurai le détruire ! Commandez, sur l'heure!

- Oh, Monseigneur, ces Kobolds, ces bêtes infâmes, sont la source de tous mes malheurs.
Théophilus jetait sur le paladin un regard humide qu'il s'appliquait à faire trembler. Ma femme, ma malheureuse femme Agatha, a été la victime de ces choses immondes, alors qu'elle venait soigner quelques soldats, par ici, pour le bien de l'Alliance. La misérable, ils se sont jetés sur elle, et ne lui ont laissé aucune chance. Par tout ce qui vous est cher, Monseigneur, Chevalier, rétablissez la justice, par pitié, soyez le bras vengeur de ma douleur et de mon supplice ! Anéantissez cette vermine, sans répit, sans relâche, et ramenez-moi les moustaches de ces fourbes ! Que ces poils soient la source de ma consolation, si tant est que mon âme trouve encore la force de se sustenter d'une émotion chaleureuse et de desserrer l'étreinte du mal insondable qui l'étouffe à présent !

Le coeur du paladin se gonfla, son regard s'enflamma, et il jura sur son honneur de servir la Justice et de punir la source de tant de mal. Les minutes qui suivirent furent édifiantes. Jamais Théophilus n'avait vu pareil carnage, et il fut même déçu du peu de résistance qu'offraient les Kobolds. Quelques instants plus tard, le campement n'était plus qu'un champ de ruines et le Paladin ramenait le butin tant attendu au gnome, qui le remercia en usant des trémolos les plus vibrants qu'il connaissait. Il recueillit les poils, et prit congé de l'homme qui se frappait la poitrine à grand renfort de phrases ampoulées.

« Décidément, ces humains sont naïfs...Mais il me faut reconnaître, Magnifico, qu'ils semblent efficaces, plus efficaces qu'un Nain en tout cas. Par Alibert Montecharge! Peut-être pourrais-je me trouver par ici un nouvel Auxiliaire...Oui, restons quelques temps dans les parages, et trouvons l'employé idéal ! S'il ne s'agit que de tuer quelques Kobolds, mes maigres connaissances en magie sauront faire l'affaire, d'après ce que j'ai pu en voir ! »

Déjà, une flamme infime s'était échappée de sa main, et avait roussi les extrémités des vibrisses qu'il tenait encore. Il s'avança d'un pas fier dans l'Abbaye, soulevant les moustaches telles un trophée, claironnant d'une voix forte :

« Le Feu a vaincu le Mal, Mon Maréchal ! Aspirants Plombedouille et Magnifico au rapport ! »

[HRP] Un grand merci au paladin qui m'a accompagné et que je récompense bien mal en oubliant son nom! [/HRP]
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Assahab


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MessagePosté le: Mer 22 Aoû - 11:39 (2007)    Sujet du message: Théophilus Plombedouille Répondre en citant

Chapitre 2. Comment la fougue insubmersible de Théophilus Plombedouille réduisit en cendres des hordes hurlantes de loups voraces. (niv. 3)




Le Maréchal MacBride accueillit très froidement le retour héroïque du gnome dans l'Abbaye et lui décocha un regard ombrageux. Magnifico avait eu la présence d'esprit d'attendre sur les marches qui bordaient l'entrée et remuait placidement les moustaches, suscitant la curiosité amusée des nombreux aspirants qui passaient là. Quant à Théophilus, il s'arrêta à quelques pas de l'officier et lui tendit fièrement les poils cendrés des Kobolds occis, puis exécuta un salut militaire exagéré, main ouverte et bedaine en avant. Mc Bride inspecta le contenu du poing de son aspirant avec dégoût, puis secoua la tête.

« Bien, vous êtes en vie ! Grande victoire ! Il semblerait même que vous ayez quelques talents en magie, mhh ? Peut-être nos mages-instructeurs voudront-ils vous prendre en charge. J'écoute votre rapport.»

Théophilus se cala sur ses courtes jambes, écarta les bras, et se lança dans un long récit haletant, dans lequel il n'omit pas d'affirmer avec force le rôle prépondérant de Magnifico dans la réussite de cette dangereuse entreprise. Il conta aussi avec fougue le sauvetage d'un jeune paladin intrépide et maladroit que les Kobolds avaient fait prisonnier et qu'ils projetaient de rôtir. Le menton du Maréchal se rida sous le coup de la satisfaction. Théophilus estima qu'il en avait fait suffisamment. Puisqu'il avait rendu le service qu'on lui demandait, il était grand temps de partir à la recherche de son auxiliaire, et de se défaire de ses ennuyeuses obligations.

- Puis-je disposer, à présent que tous vos souhaits sont exaucés, Mon Maréchal ? Ah, il me tarde de revoir ma femme, Isabelle, qui m'attend dans les sombres glacis de Dun Morogh, entourés de nains sinistres aux pensées impures et à l'haleine méphitique! Par Philéas Cachepot ! A y penser seulement, mon âme blémit, ma poitrine se comp...

Le gnome fut interrompu par un grognement sommaire de l'officier supérieur.


- Suffit ! Vous voulez disposer ? C'est une plaisanterie de mauvais goût, Aspirant Plombedouille, de très mauvais goût ! Ou peut-être n'avez-vous pas compris ce qui vous attend ! Vous avez été assigné à la Garde et à ce titre vous tiendrez votre service jusqu'à ce qu'on veuille bien vous en délivrer ! Avant de quitter Conté-Du-Nord, préparez-vous à tuer encore des centaines de Kobolds, de dangereux bandits, et votre propre lapin, si tel est mon désir !

Les fines moustaches du gnome se dressèrent en même temps que ses sourcils, étonnés, éperdus.

- M...Mais ! Mais ! Mais ! Mais ! C'est que je suis attendu à la Congrégation Annuelle de Protopropulsion Gnome dans une petite semaine seulement ! Mais ! Et ma pauvre femme, ligotée au fin fond d'un bouge nain infâme, en proie aux sévices les plus indescriptibles, à l'article de la mort !

- Votre femme a été enlevée ?

- Oui ! Je veux dire, Non ! Pas encore! Mais elle POURRAIT l'être ! Elle le pourrait, d'un moment à l'autre, chaque seconde que je passe ici scelle inexorablement sa perte ! Déjà j'entends ses cris, déjà je perçois le hurlement de sa porte qu'on défonce, déjà ses larmes de douleur mouillent mes pas ! Déjà, Déjà ! Par Pétrus Crispampoule ! J'ai fait ce qu'on m'a demandé, et je veux partir, sur-le-champ ! Magnifico ne souffrira pas de passer une heure de plus dans cette forêt, entourée de gens médiocres !

- Je crois en ce qui me concerne que vous n'avez pas de femme ! Je crois également que personne, absolument personne ne vous attend ! Mais ce dont je suis sûr, c'est que vous êtes un lâche, un mou, un incapable, qui trouvera place qu'il mérite dans un cachot sombre et goûtera du pain rance dont raffolent nos rats!


Le Maréchal avait hurlé. Quelques moinillons indisposés par tant de bruit se détournèrent et virent une chose curieuse. Mac Bride, excédé par les manières de son Aspirant, avait empoigné Théophilus au col, et l'avait soulevé sans effort, d'une seule main. Le gnome, pétrifié de terreur, pendait comme une peau morte au bout du poing tendu et attendait fébrilement d'être relâché. Il sentait qu'on pouvait le réduire en bouillie, d'un seul coup, et que la faible flammèche qu'il était capable de distiller du bout des doigts ne viendrait pas à bout de l'imposante armure métallique qui protégeait l'officier.

- Rejoignez l'Adjoint Willem, qu'il vous trouve une sentence à son goût. S'il m'est donné de revoir ne serait-ce qu'une demi-oreille de votre lièvre à poil long, je le cuis, et vous avec !


Le Maréchal relâcha son étreinte, et Théophilus tomba lourdement sur le sol. Sans attendre, il se précipita vers l'Adjoint, dehors, tout heureux d'échapper à l'ire de son supérieur. Willem le considéra avec hauteur et mépris. Il l'envoya parler à un certain Eagan qui semblait avoir besoin d'aide.

Lorsqu'il put enfin se cacher contre les murs de l'Abbaye, le gnome s'effondra sur le sol, amorphe, le coeur battant à lui déchirer les côtes. Le contact soyeux de Magnifico, qui l'avait suivi et se pelotonnait à présent contre lui, distillèrent quelques forces à ses membres endoloris par la chute. Théophilus se releva puis écarta d'un revers de la main la poussière qui s'amoncelait sur sa robe. Il ne s'était jamais battu et ne concevait même pas de se battre. Ses élucubrations et ses vantardises concernant ses grandes prouesses et son savoir magiques, si elles s'avéraient efficaces pour terroriser un pauvre commis, ne lui étaient d'aucune utilité, par ici. Seulement, son esprit s'était à ce point imprégné de ses propres paroles, celles-ci lui avaient semblé si convaincantes qu'il avait fini par y croire, obstinément. Son long isolement loin des troubles et des villes y avait largement contribué. A présent pourtant, la réalité s'abattait sur lui, l'enserrait dans une muraille de fer qui se comprimait et brisait le fin cristal de ses certitudes. Il observa avec tristesse sa paume, et une faible lueur s'en détacha. Tout juste était-il bon à allumer un feu, ou à chauffer un plateau de bronze. Il ferma les yeux, et se vit sombrer un instant.

Heureusement, la morsure amère de son orgueil démesuré broya d'un trait toutes ses pensées. Il était inconcevable qu'il donnât une image aussi pitoyable de lui-même. Si ces humains, aussi idiots que barbares, savaient apprendre quelques tours, il saurait, lui devenir un grand mage, respecté, et craint, couvert de gloire, accueilli en héros dans toutes les Cités de l'Alliance, terrorisant les plus puissants des Orcs. D'une main il saurait renverser les plus solides murailles, d'une pensée seulement défaire les verrous les plus inextricables. Les images de succès et de richesses défilèrent devant ses yeux, et le réconfortèrent.

Ses rêves dorés furent interrompus par une voix bourrue qui se détacha des murs de l'Abbaye.

« Eh bien, mon p'tit gars, c'est à l'intérieur d'une église qu'on prie, pas dehors, foi d'Eagan ! »

Eagan. Ce nom rappela subitement Théophilus à la réalité. D'un seul coup, il se dressa fièrement devant son interlocuteur. Il était impensable qu'on le croie faible ou peureux. Son humiliation devant le Maréchal était déjà une offense qu'il lui était difficile de supporter, et il était temps pour lui de se montrer assuré et sûr de ses talents.

« Messire Eagan ! Aspirant Plombedouille, à vos ordres ! On m'envoie régler tous vos problèmes ! Il ne saurait y avoir un dragon que je ne peux pas abattre ! »

- Ah oui? C'est l'Maréchal qui t'envoie? Je pensais bien qu'il m'avait oublié. Mais dis-moi, t'es un peu petit pour tuer des loups, non ? Tu ressembles plus à du gibier qu'à un chasseur ! Ha ! Te bile pas au sujet d'mon humour de bûcheron !

- Des loups.... Des loups ?? Des Loups !!! L'estomac du gnome chavira, mais son port militaire resta irréprochable. Ses bonnes résolutions dérivaient déjà, ballottés comme un navire en perdition dans un océan de peur.

- Oui, oui, des saletés de loups ! Y en a plein, beaucoup trop, je les déteste, faut réguler la population...Et puis ramenez-moi un peu de viande. Elle a l'air faisandée rien qu'à la découper toute fraîche sur le cadavre, mais pour sûr, une fois cuite, elle est relevée et délicieuse! C'est qu'ils ont pas grand-chose à se mettre sous le croc, par ici, mis à part les quelques lièvres qui courent un peu partout. Eh, vous allez bien ?

- Bien entendu, Messire ! Considérez cette veule race de chiens maudits comme une espèce en voie d'extinction !



Théophilus claqua un salut impeccable, puis se détourna rapidement. Déjà, des larmes de rage, de frayeur et de dégoût mouillaient ses joues. Il cru devoir se persuader de se rendre aux autorités pour les supplier de mettre à sa disposition le confort moisi d'une cellule. Le soir tombait déjà, et il était fort peu probable qu'un paladin perdu puisse résoudre son problème, comme la première fois.

« Ah Magnifico, la Fortune fait preuve d'une cruelle ironie à notre encontre. Est-ce ainsi qu'elle nous remercie, pour cette brillante invention qui nous a fait traverser un continent entier plus vite qu'un griffon ? Est-ce ainsi qu'elle considère l'aimable, la vertueuse confiance que j'ai portée au pire des nains ? Mourir sous les griffes d'un loup... »

Un hurlement sinistre se fit entendre, derrière les feuillages épais de la forêt, en écho aux pensées lugubres du gnome.

« L'entends-tu, qui appelle sa nourriture ?! Qui nous nargue ?! Ha ! Mais non, par Nathan Tractopelle ! Viens, Magnifico !! Le premier pas est le plus dur, et les plus grands Empereurs ont trébuché dans leurs jeunes années ! Ce loup est notre premier trophée ! Oui ! Ce loup est le présage de notre futur glorieux ! En route ! En route ! »


Théophilus s'enfonça avec précaution dans le sous-bois, poussé par la fierté, tremblant de terreur. Bientôt, il entendit un grognement féroce, et deux yeux luisants se posèrent alternativement sur lui, puis sur Magnifico, comme hésitant sur le choix du met à déguster en premier. Lentement, le gnome tendit ses deux mains en avant, et chercha dans son esprit la voie au travers de laquelle canaliser l'énergie arcanique. Il la trouva, tout naturellement, mais se rendit compte alors qu'elle semblait étriquée, vague, étroite. Il grommela. C'était bien insuffisant pour carboniser un loup. Ses forces se focalisèrent sur ce conduit, sur son diamètre, cherchant à l'étirer, à l'agrandir, à transformer ce ruissellement de feu qui pointait timidement en des torrents de lave impétueux. Enfin, il lui sembla qu'il y parvenait, et il dévia l'ensemble de ce flux vers ses mains. Une flamme jaillit, sphérique, concentrée, s'écarta de sa paume et se dirigea à grande vitesse vers l'animal sauvage. Le loup grogna de rage, et Théophilus de dépit. Ce qu'il avait produit s'apparentait à une boule de feu, mais dont la taille n'excédait pas la moitié de son poing. A peine avait-elle noirci le poil du prédateur. Il déglutit. Le loup s'approchait, lentement, décrivant un large arc de cercle, prêt à se jeter sur lui. Décidant subitement qu'il avait fait preuve de suffisamment de courage,Théophilus se détourna et entreprit se lança dans une fuite effrénée. Devant lui, à quelques centaines de pas seulement apparaissaient encore les contours chatoyants des vitraux de l'Abbaye, vibrant au gré des cierges qui brûlaient à l'intérieur. Derrière lui, le souffle haletant du monstre sauvage se rapprochait inexorablement. Ses quatre pattes effilées ne laissaient aucune chance aux mollets brûlants et peu habitués à l'exercice du gnome.

« Par Ambert Jantalus ! Les jeunes empereurs ont une garde rapprochée pour les retenir quand ils basculent dans le vide !! Que n'ai-je de fidèles serviteurs p... »

Un couinement féroce suivi d'un hurlement guttural de douleur arrêtèrent nets la course de Théophilus. Il osa tourner une tête et la scène réchauffa son coeur. Le loup avait freiné sa poursuite et se débattait frénétiquement. Solidement accroché à son cou, les oreilles ruisselantes du sang de sa victime, Magnifico retenait obstinément ses longues incisives dans la jugulaire de l'animal, hors de portée de ses coups de dents, peu sensible à la terre qu'il venait heurter fréquemment. Focalisé sur les gesticulations du gnome, le loup avait négligé son adversaire le plus dangereux.

« Ha ! Ha ! L'Empereur du Breuil rappelle à la faune local sa place au sommet de la chaîne alimentaire ! Tiens bon! Armande serait tellement fière ! Tiens bon, Magnifico ! Je peine à maîtriser le feu, mais il est un autre élément que je sais contrôler ! »

De nombreuses pierres jonchaient le sol, et Théophilus se saisit de celle qu'il estimait la plus lourde. Péniblement, il se rapprocha des deux bêtes qui virevoltaient, tombaient et s'époumonaient en une danse macabre qui soulevait feuilles et poussière. Les membres du loup s'étaient engourdis, et il se débattait avec moins de vitalité. Le lapin tenait toujours, héroïque. Son poil jadis argenté était dans un sinistre état.

Enfin, visant avec soin, Théophilus abattit le pierre sur le crâne de l'animal, de toutes ses forces, et les trois acteurs de la joute nocturne s'effondrèrent dans un élan qui confondait la mort et l'épuisement.

« Et d'un... » commenta placidement le gnome, à bout de souffle. « Ce n'est pas si difficile, hein Magnifico ? Non, ne te frotte pas trop à moi, lapin furieux. Il te faut un bain, regarde ton pauvre pelage ! Tu ferais peur aux enfants. Allons, vient, la rivière nous attend... »

Pantelant, Théophilus se releva et dirigea son pas lourd vers l'est, suivi de son lapin guerrier. Ils venaient de gagner leurs premiers galons de combattants, mais l'un des deux se sentait submergé de honte et se promettait à voix basse d'aller quémander l'aide d'un mage méritant avant leur prochain combat.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:45 (2018)    Sujet du message: Théophilus Plombedouille

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